Le Président des PNJ est un texte à paraître dans la collection Fanzine des éditions Ni Fait ni à faire.
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Quand je suis rentrée des vacances, j’avais un petit colis dans ma boîte aux lettres.
Dedans, il y avait une grenouille en caoutchouc, un exemplaire de Bois froid d’Anaël Castelein, trois exemplaire de PNJ, le dernier fanzine des éditions Ni Fait ni à faire et un coloriage de dinosaure avec des strass derrière lequel Anaël m’avait écrit un petit mot.
Je me suis directement fait confisquer la grenouille en caoutchouc par I., qui l’a mise dans son lit pour dormir avec.
J’ai accroché le coloriage de dinosaure sur mon frigo. J’ai rangé les trois exemplaires de PNJ dans ma bibliothèqe de “productions personnelles” parce que dedans j’ai écrit le texte sur le président des PNJ. Il y aussi des textes d’Adrien Lafille, d’Ines Dobelle et d’Anaël, une discussion fictive entre nous quatre générée par IA et d’autres surprise autour des PNJ. Le fanzine est simple et beau et m’a émue parce que j’ai imaginé Anaël qui le fabriquait depuis le début jusqu’à la fin, que derrière le dinosaure il me dit qu’il a aimé le fabriquer, qu’il n’a eu besoin de personne d’autre pour le faire et que ça faisait longtemps qu’un de mes textes n’était pas apparu sur le papier de quelqu’un d’autre.
J’ai lu Bois froid qui commence par :
le paysage est plein de croûtes je les gratte une à une1
et qui à un moment dit :
je tire sur mes joues
elles s’allongent comme des
feuilles de chou
je mets mes feuilles de joue rouge dans
le bouillon de poule qui frémit
comme mon petit pull rouge
frémit sous mon chou
à la peau rouge de feuilles de joue rouge
dans mon bouillon de pouls
mon pouls au pot
tout ça me serre
le pouls le chou les joues le pull
les mots
peut-être qu’on se serre
autour2
et que j’ai beaucoup aimé lire, j’aime beaucoup lire ce qu’écrit Anaël, parce que ça me fait souvent rire en me rendant des fois triste et heureuse et soulagée que quelqu’un ait écrit ça quelque part. Bois froid avait en tout cas le goût d’une soupe mangée dans un bol en bois avec des petites bulles de gras sur le dessus de la soupe.
Jusqu’ici aucun éditeur ne m’avait envoyé de si beau colis pour accomapgner mes livres, avec une grenouille en caoutchouc et un coloriage de dinosaure avec des strass et des mots qui disent qu’il a aimé fabriqué ce fanzine depuis le début jusqu’à la fin.
2025
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J’envoie mon texte sur le président des pnj à Anaël, qui tient les éditions Ni fait ni à faire.
J’ai eu du mal à écrire mon texte. J’ai du mal à m’y mettre quand il s’agit d’un texte qu’on me demande. Pourtant, j’adore qu’on me demande des textes. Ça me flatte, bien sûr. Et puis j’aime qu’on me donne une direction. Ça fait très longtemps que je n’ai pas écrit de textes sans direction extérieure.
Quand je dois écrire un texte, je repense souvent à ce qu’on m’a dit pendant ma soutenance de mémoire aux Beaux-Arts. On m’a dit “Vous n’écrirez jamais, vous avez peur d’écrire”. Je crois que cette phrase était très déplacée. Je crois qu’elle n’aurait pas dû être prononcée dans ces circonstances, pendant la soutenance d’un mémoire où personne ne comprenait vraiment l’exercice parce que c’était la première année de sa mise en place aux Beaux-Arts. Je crois que ce n’est pas ce qu’il faut dire à une étudiante de 22 ans qui dit dans son mémoire : “Ce que je veux faire, c’est écrire des livres”. Je crois pourtant que cette phrase n’avait pas tort et que j’ai peur d’écrire, toujours. Je crois qu’écrire pour moi, c’est être dans cette peur très inconfortable au début et puis être fière ensuite d’avoir vaincu la peur. Je crois que maintenant chaque fois que j’écris, c’est un peu pour dire CHEH à cette phrase et à la personne qui l’a dite.
J’ai peur d’écrire quand on me demande un texte parce que je n’ai jamais la certitude que je vais réussir. Pourtant je ne me rappelle pas avoir échoué à fournir un texte quand on me l’a demandé. Je ne me rappelle même pas avoir dû fournir un texte qui ne me paraissait pas OK quand on me l’a demandé. Mais je me dis toujours “Et si le texte ne vient pas ?”.
Encore une fois, pour Anaël, j’ai réussi à envoyer un texte qui me paraît OK et même que j’aime bien pour l’instant. C’est un texte très court et pourtant j’ai dû le laisser reposer longtemps après avoir écrit ses trois premiers paragraphes. Tout ce qui venait après ressemblait à quelque chose de pas assez cuit. Je me rappelle d’une discussion ce mois-ci entre Quentin et Grégoire qui parlaient d’un texte où l’autrice n’est pas allée au bout de son idée qui pourtant est bonne, que du coup ça remettait en doute la nécessité de l’existence du texte. Moi je ne savais pas si mon idée était bonne mais je voyais bien que je n’allais pas au bout, je ne voulais pas qu’on dise ça de mon idée. J’ai décidé de laisser l’idée se développer toute seule parce qu’elle n’était pas encore prête, je suis revenue un peu plus tard quand d’autres balises pour la suite étaient apparues dans ma tête et la suite est arrivée jusqu’au bout.
C’est aussi ça qui me fait peur dans l’écriture, faire confiance au texte pour venir quand il faut et faire confiance à ma tête pour faire mûrir les choses pendant que je ne m’en occupe pas.
Le texte du président des PNJ paraîtra dans le fanzine PNJ des éditions Ni fait ni à faire. C’est le troisième numéro après Sims psychiques et Cuire. Il y a aura une nouvelle catégorie sur le site des éditions très prochainement.
Je suis contente d’avoir terminé et envoyé ce texte juste avant ma première semaine de non-emploi. Ça laisse le champ libre pour le travail à venir.
Ah et puis aussi : CHEH