∞-lecture

(V2.1)

N° 405 · Carnet VIII

Le Talon de fer

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Première publication : 1907

Lu du 25/05/2018 au 19/06/2018, à Chambéry, Rennes

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« Les maîtres, vous le voyez, sont parfaitement sûrs d'avoir raison en agissant comme ils le font. Telle est l'absurdité qui couronne tout l'édifice. Ils sont liés par leur nature humaine de telle façon qu'ils ne peuvent faire une chose à moins de la croire bonne. Il leur faut une sanction pour leurs actes. Quand ils veulent entreprendre quoi que ce soit, en affaire bien entendu, ils doivent attendre qu'il naisse dans leur cervelle une sorte de conception religieuse ,morale, ou philopsophique du bien-fondé de cette chose. Alors ils vont de l'avant et la réalisent, sans s'apercevoir que le désir est père de la pensée. À n'importe quel projet ils finissent par donner une sanction. Ce sont des casuistes superficiels, des jésuites. Ils se sentent même justifiés à faire le mal pour qu'il en résulte du bien. L'un des plus plaisants de leurs axiomes fictifs, c'est qu'ils se proclament supérieurs au reste de l'humanité en sagesse et en efficacité. De par cette sanction, ils s'arrogent le droit de répartir le pain et le beurre pour tout le genre humain. Ils ont même ressuscité la théorie du droit divin des rois, des rois du commerce, en l'espèce. »

Traduction de Louis Postif, Paris, 1973, Éditions Hachette, "10/18, L'appel de la vie", N°778, p. 103.

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« La classe capitaliste s'est rendue coupable de mauvaise administration. En présence de ce fait, de ce double fait, que l'homme moderne vit plus misérablement que son ancêtre sauvage alors que son pouvoir producteur est mille fois plus grand, aucune autre conclusion n'est possible sinon que la classe capitaliste a mal gouverné, que vous êtes de mauvais administrateurs, de mauvais maîtres et que votre mauvaise gestion est un crime impoutable à votre égoïsme. »

Traduction de Louis Postif, Paris, 1973, Éditions Hachette, "10/18, L'appel de la vie", N°778, p. 125.

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« J'ai dit aussi que les professionnels et les artistes étaient les roturiers du régime actuel. Que sont-ils autre chose ? Du premier au dernier, professeurs, prédicateurs, éditeurs, ils se maintiennent dans leurs emplois en servant la ploutocratie, et leur service consiste à ne propager que les idées inoffensives ou élogieuses pour les riches. Toutes les fois qu'ils se mettent à répandre des idées menaçantes pour ceux-ci, ils perdent leur place ; en ce cas, s'ils n'ont rien mis de côté pour les mauvais jours, ils descendent dans le prolétariat, et végètent dans la misère ou deviennent des agitateurs populaires et n'oubliez pas que c'est la presse, la chaire et l'université qui modèlent l'opinion publique, qui donnent la cadence à la marche mentale de la nation. Quant aux artistes, ils servent simplement d'entremetteurs aux goûts plus ou moins ignobles de la ploutocratie. »

Traduction de Louis Postif, Paris, 1973, Éditions Hachette, "10/18, L'appel de la vie", N°778, p. 207.

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